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Saint-Savin est une commune française, située dans le département des Hautes-Pyrénées, en région Midi-Pyrénées.

Saint Savin, anachorète du Lavedan

La commune doit son nom à saint Savin, ermite qui vécut à Pouey-Aspé, près du monastère de Saint-Savin. Après sa mort, son corps fut descendu au village de Bencer, nom alors du village de Saint-Savin. Le « tombeau de Saint-Savin », un sarcophage de style roman, constitue aujourd’hui encore le maître-autel de l’église de Saint-Savin ; il est classé au titre des monuments historiques ; de part et d’autre de l’autel se trouvent deux grands tableaux peints sur bois qui évoquent la vie du saint, ses miracles, et la ferveur des fidèles pour celui qui est devenu le saint patron de la vallée.

L’abbaye de Saint-Savin-en-Lavedan
Saint-Savin fut un des plus grands centres religieux du pays de Bigorre. Le monastère date au moins du xe siècle et a été construit en lieu et place d’un fort gallo-romain dénommé anciennement Palatium Æmilianum (« Palais Émilien »). En 841, le monastère est pillé et brûlé par les Normands ; il l’aurait été antérieurement par les Sarrazins2. En 945, le comte Raymond Ier de Bigorre la dote richement, lui attribuant un territoire dénommé le Pascal de Saint-Savin comprenant les huit villages de Saint-Savin (Sen Sabi), Castet, Lau (Laou), Balagnas, Adast (Adas), Nestalas, Soulom et Uz ; l’église Saint-Jean-de-Saint-Savin était leur église paroissiale commune3. En 1080, le vicomte de Béarn Centulle V (devenu comte de Bigorre sous le nom de Centulle Ier) affilia le monastère à l’abbaye Saint-Victor de Marseille pour remercier l’abbé de Saint-Victor d’avoir obtenu du pape l’annulation de son mariage avec Gilsa, lui permettant ainsi d’épouser l’héritière du comté de Bigorre, Béatrice4. Au xiiie siècle, l’abbaye contrôle encore le territoire des sept villages précités.
À partir du xvie siècle, l’abbaye périclite (destructions liées aux guerres de religion, relâchements de discipline, abbaye placée en commende) et les bâtiments se dégradent malgré une tentative de restauration au xviie siècle par des moines de la congrégation de Saint-Maur. Trois moines seulement y résident en 1790. L’année suivante l’église devient paroissiale et les bâtiments monastiques, devenus biens nationaux sont vendus. L’abbaye sert de carrière de pierre et la salle capitulaire devient une écurie3. En 1854, un grave tremblement de terre provoque des destructions supplémentaires5. Prosper Mérimée ordonne la restauration de l’église abbatiale en 1855, sauvant le bâtiment de la ruine.